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Un lieu une légende, une légende un lieu...

Ainsi pourrions-nous définir la Bretagne...
Encore et toujours la Bretagne, me direz-vous ? Encore un site qui ne cesse de chanter les louanges de cette région, et qui paraît plus tournée vers le passé que vers l'avenir !
Que nenni ! Je ne vous dirais qu'une chose ! Tout un chacun est issu d'une famille, d'une région où les traditions disparaissent peu à peu au profit des temps modernes, de la mondialisation...
Se pencher sur ses origines, sur son passé, s'enrichir de sa culture régionale pour pouvoir en retransmettre aux générations futures ce qu'il y a de meilleur en elle, n'est pas vain. Cultivons notre patrimoine pour la mémoire de nos ancêtres mais aussi pour aider les générations futures.
Ce que vous êtes, vos ancêtres y sont pour beaucoup. Si vous oubliez leurs coûtumes, c'est un peu les oublier aussi. Or, ils ont beaucoup à nous apprendre.

Pour résumer :

Comment savoir où l'on va si l'on ne sait d'où on vient!


Ce que je vous propose est de faire un petit voyage initiatique à travers la culture Celte et j'espère que vous y ferez des découvertes intéressantes. Je ne manquerai pas d'approvisionner ce site aussi souvent que possible, et j'ose espérer que vous ne manquerez pas d'y apposer vos commentaires ou tout autre information, vos sources notamment.
Pour mes début, je vous demanderai un peu d'indulgence envers la quantité d'informations que je n'aurais pas encore eu le temps d'y apposer, voire même que certains aspects pourraient ne pas avoir été encore traités.

Entre monts en vaux, entre Armor et Argoat, la Bretagne regorge de légendes vous expliquant la naissance de tel lieu ou de tel procédé...
Sans doute quelque peu superstitieux et avide d'une certaine rationalité, toute aussi merveilleuse qu'elle puisse être, les bretons ont de toujours tenté d'expliquer le "pourquoi des choses", le "pourquoi du comment".

Entre fééries et malédictions, les légendes ont pris une place somme toute importante dans le quotidien du peuple breton à un tel point que celles-ci ont depuis bien longtemps franchis les frontières du pays.



"Bhí sin ann agus is fada ó bhí..."
"Il était une fois, et c'était il y a bien longtemps..."
(formule traditionnelle irlandaise)



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# Posted on Monday, 21 January 2008 at 5:30 AM

Edited on Sunday, 27 January 2008 at 5:48 PM

La Fée de l'Ile de Loc'h

La Fée de l'Ile de Loc'h

L'histoire qui débute à Lannilis est celle de Houam Pogamm et de Bellah Postik, deux jeunes amoureux promis depuis longue date. Malheureusement, la mort de leurs parents les avait plongés dans le dénuement, et chacun, tout en travaillant dur, n'arrivait pas à mettre suffisamment d'argent de côté pour acheter une petite vache et un cochon maigre, et pouvoir ainsi se marier.
Las d'attendre, Houam décida de prendre la route en quête d'une meileure fortune. Bellah, inquiète de le voir ainsi s'en aller, lui confia deux des trois reliques qu'elle tenait pour seul héritage.
La première, la clochette de saint Kolédok, avait pour objet d'avertir proches et amis que vous couriez un grand danger.
La seconde, le couteau de saint Corentin, annulait les maléfices des sorciers dès qu'il entrait en contact avec leur victime.
La troisième relique, le bâton de saint Vouga, elle le garda pour elle car il possédait le pouvoir de vous transporter où vous vouliez.

Arrivant dans le Sud Finistère, Houam entendit parler de la Groac'h de l'étang du Loc'h qui se trouvait sur la grande des îles des Glénans. La Groc'h, ou la fée, était d'une richesse incommensurable. Nombreux étaient les jeunes gens qui avaient tenté de s'emparer de son trésor mais personne n'en était jamais revenu.

N'écoutant guère les conseils de prudence des gens de la région, Houarn s'embarqua pour l'île du Loc'h, bien décidé à tenter sa chance. Un petit bateau semblait l'attendre sur l'étang; Mais dès qu'il eut mis les deux pieds dedans, ce dernier plongea au plus profond de l'eau. Houarn se retrouva ainsi à l'entrée d'un merveilleux palais de coquillages, où l'on accédait par un bel escalier de cristal. La fée l'ensorcela aussitôt par sa beauté et ses vins savoureux. Elle lui offrit de partager ses richesses s'il acceptait de la prendre pour épouse.
Houam, sous le charme, accepta et la fée le métamorphosa en grenouille.

Bellah entendit aussitôt tinter la fameuse clochette de saint Kalédok. Son bâton magique la conduisit alors quprès du véritable époux de la Groc'h, lui aussi condamné à un triste sort, qui lui donna le secret pour délivrer Houarn, et tous les autres.

Déguisée ens éduisant jeune homme, elle se rendit donc sur l'île et déjouant le piège de la sorcière, libéra les malheureux captifs après leur avoir rendu forme humaine.

Houarn et Bellah purent ensuite faire leur choix parmi le trésor, et rentrèrent dans leur pays de Lannilis, fortune faite, et prêts à se marier.

(texte: Emile Souvestre)
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# Posted on Monday, 21 January 2008 at 6:12 AM

Katell Gollet dans la gueule de l'enfer (Landerneau)

Katell Gollet dans la gueule de l'enfer (Landerneau)
Katell Gollet (Catherine la Perdue) est une jeune femme représentée sur les calvaires de Guimiliau et de Plougastel-Daoulas dans la gueule de l'enfer. Deux légendes évoquent son triste sort.

Katell Gollet était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau.
Sa beauté, malheureusement, n'avait d'égale que la perversité de son esprit. Le comte, voulant se décharger de cette lourde tutelle, espérait bien pourtant lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Néanmoins, la belle préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage.
Une véritable hécatombe

Pour contrer son oncle, elle usa d'un subterfuge, lui faisant déclarer qu'elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d'affilée. Nombreux furent les jeunes gens du comté à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.
L'hécatombe était telle que son oncle l'enferma dans une des tours du château. Mais Katell s'en échappa et se rendit au pardon de la Martyre accompagné d'un nouveau cavalier. Gavottes, plinns, jabadaos s'enchaînèrent, les deux danseurs s'en donnant à c½ur joie.
• Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l'infatigable Katell qui, prise dans le feu de la danse et de l'alcool, invoqua les puissances de l'enfer demandant de nouveaux musiciens. C'est ainsi que le diable l'entraîna dans une gigue infernale et lui fit ainsi franchir les portes du royaume des damnés.

# Posted on Monday, 21 January 2008 at 6:25 AM

Edited on Tuesday, 22 January 2008 at 12:00 PM

PROVERBE BRETON

PROVERBE BRETON
"Si tu vois un Goëland se gratter le gland, c'est qu'il fera mauvais temps,
si tu le vois se gratter le cul, c'est qu'il fera pas beau non plus!"
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# Posted on Monday, 21 January 2008 at 6:35 AM

Edited on Tuesday, 22 January 2008 at 12:09 PM

GUILLO

GUILLO
Peut-être avez vous déjà entendu des bruits sourds, près des ruisseaux, la nuit. Comme des coups de battoir sur le linge. Alors, passez votre chemin bonnes gens, et ne cherchez pas à savoir d'où vient ce bruit : se sont les lavandières de nuit.

Guillo, c'est le bon à rien du village, paresseux du soir au matin. Il ne sait que boire, boire et chanter après avoir bu. Tout le monde le connaît à Tréhorenteuc. Ce soir là, Guillo a le vent en poupe. Il a passé toute la soirée au café du village et le voilà qui rentre chez lui, sous la pleine lune, en chantant à tue-tête. La nuit est trop douce pour prendre le raccourci par les prés, aussi prend-il la route qui monte vers Trébottu.

Lorsqu'il arrive au petit pont sur le Rauco -le ruisseau qui descend le Val sans Retour- Guillo entend des bruits sourds, des battements, à sa gauche, près du moulin en ruine. Intrigué, il quitte la route et longe le ruisseau pendant un bon moment. Il se heurte sur les souches, il trébuche sur les pierres, et il patauge dans la boue. C'est là qu'il aperçoit deux femmes, vêtues de blanc, à genoux au bord du ruisseau. Elles lavent un grand drap et le frappent de leur battoir. Guillo, malgré l'ivresse, n'en croit pas ses yeux : est-ce une heure pour laver du linge en pleine forêt ? Peu importe, il fait demi-tour, mais alors qu'il repart, le voilà qui trébuche sur une grosse pierre et tombe dans le ruisseau.

Les deux lavandières sursautent et se tournent vers lui. Mon Dieu, quels visages ! La lumière blafarde de la lune éclaire ces visages sans vie, aux traits durs et profonds ; leurs yeux sont noirs et vides. Guillo, térrifié, bondit hors de l'eau, mais il n'a pas le temps de fuir que l'une des femme lui crie :
_ Approche ! Viens nous aider. L'homme, comme pétrifié, s'approche des lavandières en titubant. Impossible de fuir, la voix l'attire comme une guêpe sur une tartine de miel. Les femmes lui tendent alors le drap qu'elles ont lavé et qui ruisselle d'eau.
_ Eh bien ! dit l'une d'elles, qu'attends-tu ? Aide nous à tordre ce drap. Sans réfléchir, embru
mé par les vapeurs d'alcool, Guillo saisit l'extrémité du drap. A l'autre bout, les lavandières tordent le linge, mais lui ne bouge pas. Avec peine, il parvient quand même à dire :
_ Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi lavez-vous ce drap en pleine nuit ?
_ Nous lavons le linceul d'un homme qui doit mourir cette nuit. Si nous ne le faisons pas, le pauvre n'aura même pas un linceul pour son dernier voyage.
Sur le coup, Guillo prend ça pour une plaisanterie et le voilà qui éclate de rire. Il est maintenant de tellement bonne humeur, qu'il se met à tordre le drap de son côté. Et il tord le drap en le tournant de gauche à droite.
_ Malheur ! s'écria l'une des femmes. Il a tordu le drap dans le sens maléfique !
_ Malheur ! Malheur ! répéta l'autre.

Ces cris résonnent dans les arbres, réveillant tous les animaux de la forêt. Quand Guillo s'est un peu remis de sa frayeur, les lavandières ont disparu. Il s'imagine avoir rêvé, surtout avec tout ce qu'il a bu. Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son bras. Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se retourner.
Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme grincement. C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des années. Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille tendue. Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par ici.

Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole. La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau. Le cheval se penche pour se désaltérer. C'est alors qu'un personnage vêtu de noir s'approche de Guillo, un fouet à la main :
_ Holà, l'homme ! crie-t-il. Je cherche un nommé Guillo, est-ce que tu l'aurais vu par hasard ? Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa tête va exploser. Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque :
_ Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi Guillo ! Guillo de Tréhoranteuc.
C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange personnage. Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnait : c'est l'Ankou, le Serviteur de la Mort. Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol. On raconte qu'à ce moment il y eut un ricannement qui se prolongea dans les arbres et sur la lande. Puis un grand bruit de branches brisées.

On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la nuit. On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhoranteuc, depuis cette nuit-là.

D'après les Contes populaires de toutes les Bretagne de J. Markale. Ed. Ouest-France

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# Posted on Monday, 21 January 2008 at 7:04 AM

Edited on Tuesday, 22 January 2008 at 11:58 AM